Sujet précédant                  Contactez-moi                  Sujet suivant
 
Extraits d'articles

Je vous propose ci-dessous quelques extraits d'articles de ma plume, accompagnés de la présentation de la page de garde de l'ouvrage. Bonne lecture.

 
La bataille de Stonne
"Puis les premiers Panzer IV apparaissent à l’entrée du village. Le sergent Durand, chef de la pièce située la plus à l’ouest retient son tireur. Le sous-officier possède une lourde expérience. C’est un ancien des brigades internationales et il a combattu en Espagne. Il sait que, bien camouflé derrière un tas de fumier, son 25 antichar ne peut être repéré par les équipages des blindés ennemis. Il veut attendre le dernier moment et la plus faible distance pour donner à son tir l’efficacité maximale.

Alors qu’il ne reste plus que quelques dizaines de mètres, le premier coup part et atteint le char situé en tête de colonne. Rapidement les munitions sont introduites et s’éjectent de la culasse et le tir est maintenu sur le blindé afin d’assurer sa destruction. Une fumée épaisse commence à s’en échapper puis viennent les flammes. Il a son compte. Le tireur ajuste le second Panzer IV et le touche également. Le pilote parvient néanmoins à virer de bord, et à soustraire son engin à la vue des Français. Il s’immobilise définitivement dans la butte qui borde la chaussée.

Le canon de 25 engage ensuite le troisième char de la colonne, et les coups au but s’enchaînent. Il s’enflamme rapidement. Les survivants des équipages s’extraient de leurs engins et partent en courant rejoindre leurs lignes sous les balles françaises qui les encadrent. Les autres Panzer marquent un temps d’arrêt devant cette avalanche de pertes. Le chef du détachement allemand grimpe sur le blindé suivant et tente d’observer à la jumelle les positions françaises, mais sa vue est obstruée par la dénivelée de la route.
"



Objectif Breda pour la 7e armée de Giraud
"L'ensemble de la journée est marqué par de nombreux combats menés par les troupes de la 7e armée contre les deux axes de progression allemands. Le premier, mené en pointe par les éléments de la 9. Panzer-Division, suit un itinéraire bordant par le nord les positions françaises. L'objectif est d'atteindre Breda, puis de parvenir à séparer l'armée néerlandaise des forces alliées. À chaque engagement, les cavaliers de la 1re DLM et des groupements de GR opposent une résistance farouche et conservent leurs positions jusqu'à réception des ordres de repli vers la ligne initialement prévue pour la manœuvre Breda. 

Le second axe ennemi vise à progresser au cœur des lignes alliées en suivant la direction d'Anvers, dans le but de rompre les lignes de communication des éléments avancés français. Ce mouvement est également parfaitement contenu par les hommes de la 7e armée. Pourtant, ici comme ailleurs, la supériorité numérique allemande est importante, tout comme le soutien apporté par la Luftwaffe aux troupes au sol.

Cependant, au cours de la journée, l'engagements de quelques chasseurs anglais et français provoquent la perte de plusieurs avions ennemis. Les Français, exténués par trois jours de mouvement ininterrompus et de combat, gardent un excellent moral et causent à l'ennemi des pertes humaines et matérielles importantes."


 

Les mortiers lourds allemands Gerät 040 et 041
"Le 18 février 1942, une partie des hommes de la Schwere Artillerie Abteilung 833 revient en Allemagne pour constituer une nouvelle batterie de 3 Gerät 040. Le 4 mars, l’unité, prenant la dénomination de « Karl Batterie », est transférée à la 11. Armee afin de participer à l’attaque de la région fortifiée de Sébastopol. Elle y rejoint d’autres pièces lourdes de 30.5, 35 et 42 cm ainsi que le canon « Dora » de 80cm.

La préparation des positions de tir est minutieuse et engendre de nombreuses difficultés, aussi bien pour assurer l’arrivée et la mise en batterie des pièces que pour soustraire les préparatifs aux yeux de l’Armée Rouge. Elle demande des moyens colossaux et d’innombrables heures de travail. Mais le 20 mai, tout est prêt et les trois Geräte 040 sont opérationnels. Ils ouvrent le feu sur différents objectifs dans le secteur de la 132. Infanterie-Division entre le 6 et le 13 juin, tirant un total de 62 Schwere Betongranaten et 50 Leicht Betonganaten, jusqu'à l’épuisement des munitions disponibles.

Sans parler de l’effet psychologique des tirs, les dégâts infligés aux fortifications russes sont considérables, avec en particulier un coup au but sur l’une des deux tourelles double de 305 mm de la batterie Maxim Gorki. Les Geräte 040 sont ensuite réapprovisionnés en munitions (25 Schwere Betongranaten et 50 Leicht Betongranaten). Ils peuvent ainsi maintenir leurs tirs jusqu’au 1e juillet, avant de repartir en Allemagne le 19 pour être remis en état."




Le matériel de 47 antichar modèle 1937
"Le canon de 47 mm modèle 1937 possède des caractéristiques balistiques extraordinaires et inégalées pour l'époque. Il est capable de perforer à plus de 1 000 m tous les chars en service dans le monde, y compris les PzKpfw III et IV qui n'en sont encore qu'au stade de la présérie. Cette avance technologique est gardée secrè­te, afin de ne pas inciter les ennemis potentiels de la France, et particulièrement l'Allemagne, à augmenter l'épaisseur du blindage de leurs engins. Cette course à la protection aurait inévitablement accéléré l'obsolescence des pièces antichars de 25 mm alors largement répandues au sein des divisions françaises.

La précision du canon est remarquable, puisqu'à 1 600 m, plusieurs essais de tir démontrent que les impacts sont contenus dans un rectangle inférieur à 65 cm sur 1,5 m. À 1 000 m, les dimensions maxima du rectangle ne sont plus que de 41 cm sur 63. Ainsi les artilleurs français peuvent engager les forces ennemies à distance respectable, ce qui réduit considérablement le stress provoqué par la nécessité d'attendre le rapprochement de la cible pour ouvrir le feu avec efficacité. Grâce à une cadence de tir élevée, de l'ordre de 15 à 20 coups par minute, un canon bien camouflé a la capacité, à lui seul, de stopper la progression d'une unité blindée ennemie, si le terrain s'y prête.

La nouvelle munition, adoptée en 1936, est équipée d'une coiffe d'ogive en magnésium diffusant une fumée blanche pendant sa trajectoire, et produisant à l'impact un vif éclair. Cette caractéristique représente une assistance visuelle intéressante pour les corrections de tir, et permet par exemple d'enflammer un bidon d'essence. On peut néanmoins tirer sans coiffe d'ogive, en cas d'urgence ou pour ne pas dévoiler la position du canon. A cette époque est conçue également une caisse métallique de transport contenant quatre munitions et permettant une manoeuvrabilité aisée ainsi qu'une bonne protection."




Le Bergepanther, meilleur char de dépannage ?
"Pendant les premières années du conflit le remorquage des chars s’effectue principalement à l’aide de gros semi-chenillés comme le puissant SdKfz 9 de 18 tonnes, adapté à la traction d’engins de vingt ou trente tonnes comme les PzKpfw III et IV. L’Allemagne transforme également 167 PzKpfw III et 21 PzKpfw IV en Chars de dépannage. Mais le remorquage d’un Panther, et plus encore celle d’un Tiger, reste bien au-delà des capacités de ces différents véhicules. Quelques solutions palliatives sont parfois mises en œuvre sur le terrain, comme l’accouplement de deux, voir trois SdKfz 9. Mais cette manœuvre nécessite d’abord de disposer du nombre d’engins nécessaires et peut engendrer de sérieux dégâts à leurs châssis. Une seconde solution, formellement interdite par les règlements, est également pratiquée. Elle consiste à utiliser un char de même tonnage pour tirer l’engin immobilisé, mais elle met à rude épreuve la mécanique du char tracteur et lui provoque souvent des ruptures de transmission ou de moteur.
 
Le problème reste entier jusqu’au mois de mars 1943, lorsque le Generaloberst Guderian, alors inspecteur de l’arme blindée allemande (Generalinspekteur des Pazertruppen), décide de faire convertir une dizaine d’exemplaire du nouveau char Panther en engins de dépannage. Cette décision, prise peu de temps après le lancement de la fabrication du nouveau blindé, reflète la pertinence de l’officier, abordant la question de la Panzerwaffe dans son ensemble en tenant compte de l’évolution de la guerre. La société MAN, conceptrice de la version du Panther retenue par Hitler, reçoit l’ordre officiel de fabrication du Heereswaffenamt entre le 7 et le 10 mai. Les douze Bergepanther initiaux (Panzer-Bergegerät Panther) sont achevés le mois suivant, en conséquence d’une volonté de mise en service rapide clairement exprimée.
 
Ce sont des Panther Ausf D détourellés et presque similaires à l’engin d’origine. Le trou béant laissé par l’absence de tourelle est obstrué par une grande pièce circulaire en bois renforcée par des montants métalliques. Une partie de cette pièce peut s’ouvrir vers l’arrière à l’aide de charnières. L’intérieur du véhicule est muni d’un plancher afin de simplifier le transport de matériel voir de caisses de munitions dans certains cas. Tout comme le Panther Ausf D, le Bergepanther dispose d’une MG 34 de caisse et conserve son lot de bord à l’exception du nécessaire de nettoyage du canon, devenu inutile."



Le musée de l'artillerie à Draguignan
"Le musée de l'artillerie est le digne légataire d'un héritage remontant au 17e siècle. En effet, dès cette époque, l'artillerie repose sur une formation technique soignée pour les hommes devant former les batteries et, en 1685, décision est prise de conserver le patrimoine représenté par ces matériels dont la technicité ne cesse de croître. C'est ainsi que Louis Crevant, duc d'Humières, alors maréchal de France et grand maître de l'artillerie du royaume, crée à l'arsenal de Paris un conservatoire des armes françaises. Constituée en vue d'instruire les artilleurs, la collection prendra de l'ampleur au fil des décennies.
 
Pendant la révolution, en 1793, la majeure partie de la collection est soustraite au pillage. Puis en 1796, le comité de l'artillerie obtient du Directoire le regroupement de la collection du conservatoire avec celles des arsenaux de province en un point central à Paris, à Saint-Thomas d'Aquin. Au 19e siècle, l'ensemble est transféré aux Invalides où sera créé le musée d'artillerie, lui-même devenu le musée de l'Armée en 1905.
 
Parallèlement à l'institution du conservatoire puis du musée, la formation des artilleurs est effectuée par l'école de l'artillerie, créée en 1791 à Châlons-sur-Marne, puis à Metz, jusqu'en 1870. Après la perte des provinces de l'Est, l'école migre vers Fontainebleau puis, lors de l'invasion allemande de 1940, elle déménage en zone libre à Nîmes jusqu'en 1942. Elle sera reconstituée à Cherchell en Algérie de 1942 à 1945.
 
À la fin du second conflit mondial, l'école s'installe à Idar Oberstein en Allemagne dans d'anciens locaux militaires allemands avant d'être rapatriée à Châlons-sur-Marne en 1960. Enfin, elle est transférée à Draguignan en 1970, où sera décidé son regroupement avec le Musée du canon et des artilleurs, inauguré en 1982. L'objectif est alors d'utiliser la collection dans son rôle traditionnel — la formation des élèves —, et le musée sera donc, jusqu'à ces toutes dernières années, surtout visité par des militaires.
 
Placé sous tutelle du ministère de la Défense, il prend le statut de « Musée de France » en 2006, et se voit reconnu par le ministère de la Culture. Une rénovation profonde est engagée afin de parfaire la mise en valeur de son patrimoine historique, accompagnée de la professionnalisation des conservateurs. Cette rénovation représente un bouleversement radical car, avec la fin de la conscription et tout en conservant son rôle formateur pour les militaires professionnels, le musée de l'artillerie de Draguignan se veut une institution de société, d'ethnologie et d'histoire."



 
Sujet précédant                  Contactez-moi                  Sujet suivant
 



 
 
Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement