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L’armée royale à la veille de la Révolution
 
En 1789, à la veille de la Révolution, l'armée régulière comprend 1.156 généraux et 186.000 officiers et soldats dont 135.000 à l’infanterie, 40.000 cavaliers et 11.000 artilleurs. Elle comprend :
 
80 régiments d'Infanterie française, 
24 régiments d'Infanterie étrangère,
12 bataillons d'Infanterie légère (chasseurs),
62 régiments de cavalerie,   
7 régiments d'artillerie intégrant le génie.
 
La majorité des troupes est groupée en 21 divisions permanentes. Les régiments d'infanterie regroupent en général deux bataillons, et les régiments de cavalerie disposent de trois ou quatre escadrons de deux compagnies chacun. Le cavalier est armé du sabre, du pistolet et du mousqueton ou du fusil. Il n'y a plus de cuirassiers, il faudra attendre  l'Empire pour les voir réapparaître. L’artillerie n’est pas endivisionnée mais il existe dans chaque régiment d'infanterie des "canons de bataillon", soit deux  pièces de 4 par bataillon.

Chaque division se compose d'une à quatre brigades d'infanterie, chacune disposant de deux régiments, et d'une ou deux 
brigades de cavalerie. Elle possède parfois également quelques bataillons de chasseurs.
 
En 1788, l'ordonnance de Brienne, créant ces 21 divisions, spécifie que les troupes doivent être "disposées à entrer en action et à cet effet, divisées, organisées, équipées comme elles doivent l'être en guerre, en sorte que la paix soit pour elles une école constante de discipline et d'instruction en même temps qu'elle sera pour nos officiers généraux une école de commandement." Cette organisation du temps de paix correspond à l'idée nouvelle de la formation en guerre de divisions, groupements de plusieurs armes.
 
En matière d’artillerie, le système Gribeauval n'a pas seulement créé un nouveau système, il a également apporté de nombreuses modifications à l'organisation de l’armée. Tout d’abord, Gribeauval était partisan de la suppression de l'artillerie régimentaire, c'est à dire des canons de bataillon. Il ne peut faire triompher ses vues, mais il obtient que les huit pièces d'une même brigade d'infanterie soient servies par la même compagnie de canonniers. Si les canons sont séparés pour le combat, ils restent groupés pour l'instruction, l'entretien et l'administration.
 
Le reste de l'artillerie est réparti en divisions de huit pièces,  deux canons de 4, quatre de 8, et deux de 12. Chacune de ces divisions est servie par une compagnie de canonniers à pied. Cette compagnie a d'ailleurs un effectif insuffisant pour servir huit pièces, car sa composition, calquée sur celle d'une compagnie d'infanterie, date du temps où l'artillerie dépendait de l'infanterie. Il est donc prévu qu'elle soit renforcée en guerre par des auxiliaires fournis par l'infanterie.
 
Cette  organisation  est imparfaite et  
présente de multiples inconvénients au combat. Tout d'abord, les servants se déplacent à pied, ce qui limite la vitesse des mouvements. Les conducteurs sont des civils et les chevaux appartiennent à des entreprises privées. L’armée n'est pas endivisionnée dans les grandes unités d'infanterie ou de cavalerie mais son organisation nouvelle est bien conçue. Elle s'adaptera sans peine à son intégration dans les divisions en 1795.
 
La proportion d'artillerie voulue par Gribeauval est de quatre pièces pour 1000 combattants, avec une dotation en munition de 200 coups par canon. Gribeauval envisage également la création d'une artillerie montée et ordonne l'essai des caissons autrichiens Wiirst pour le transport des servants. Il imagine également une artillerie montée, mais ses projets n'aboutiront pas et il faudra attendre 1792 pour que l'artillerie à cheval soit créée.

 
La mise sur pied de guerre
 
Depuis les réformes de Choiseul, entre 1762 et 1764, la mise sur pied de guerre est prévue et peut se résumer en deux étapes. L'augmentation des effectifs des unités régulières sera réalisée par l'engagement de volontaires, tandis que des troupes provinciales seront levées, représentant 
environ 77.000 hommes en 1789.

Elles formeront 20 régiments d'infanterie et 80 "Bataillons de Garnison". Chaque bataillon de ce type doit être rattaché à un régiment d'Infanterie régulière. En outre sept régiments provinciaux seront affectés à l'artillerie pour permettre la mise sur pied de guerre des régiments d'artillerie du temps de paix.

Cette illustration, tirée de la superbe collection des dessins 
Pierre Benigny montre un trompette du 8e régiment de la cavalerie royale en 1786.

 
Le ravitaillement en campagne
 
En temps de guerre, le ravitaillement sera assuré par le double système des magasins et des convois. Mais les difficultés de transport sont telles à l'époque, que les troupes en campagne doivent en général tirer la majeure partie de leur subsistance des régions traversées. 

 
La valeur de l’armée royale en 1789
 

A la veille de la Révolution, l'armée royale est probablement la meilleure et la plus solide des armées de l'ancien Régime, compte tenu de la population et des ressources de la France. L'entretien en temps de paix d'une armée de métier de plus de 180.000 hommes représente un effort  considérable pour l'époque.
 
Cette armée possède néanmoins des lacunes inhérentes à son caractère d'armée de métier et à la structure sociale du pays. Le moral du soldat est inégal et la troupe est peu enthousiaste. Si les cadres supérieurs sont dans l'ensemble assez médiocres, les cadres subalternes sont solides et compétents, et la troupe est disciplinée et instruite. Enfin le matériel et l'organisation générale sont remarquables.


 
Etandards de régiments français de l'armée royale du 18e siècle



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